Ferruccio Nuzzo

Johann Sebastian Bach

Das Wohltemperierte Klavier BWV 846 – BWV 869 – Chantal Stigliani: piano – Calliope (52’04 + 52’31)

Je me suis toujours demandé comment interpréter un chef-d’œuvre musical – de quelqu’un universellement connu et reconnu –habitant une civilisation lointaine, parfaitement capable de déchiffrer une partition et de jouer d’un instrument, mais complètement inconscient de l’âge et des origines de la musique en question, et de ce qu’étaient les us et coutumes musicaux, les manières d’interpréter etc. etc. (J’ai également posé la question à des collègues interprètes, musiciens et musicologues, mais je n’ai jamais reçu de réponse significative …).

Chantal Stigliani en a donné, d’une certaine manière, une, avec ce clavier bien tempéré. Sa lecture qui, à la première écoute, me semblait tout à fait originale, singulière, très personnelle – et à contre- courant – dans une logique dramatique, presque théâtrale, se révèle avant tout comme « différente » de tout ce qui a été entendu jusqu’ici. .

Et je ne pense pas que ce soit un parti pris, un refus de tous les arguments sophistiqués à l’appui de tel ou tel instrument (même à l’orgue…), pour ou contre les lectures « modernes » – et sur les instruments modernes – qui, depuis Glenn Gould et John Lewis ont rempli les catalogues des éditeurs et les rayons des discophiles. Ainsi, et même si vous ne pouvez pas entendre ce CD comme l’exploit d’une interprète issue de la civilisation susmentionnée qui a déjà enregistré beaucoup de Bach, j’ai plaisir à imaginer que c’est le fruit de sa capacité à faire le vide en soi, en oubliant tout ce qui a été fait – et dit – jusqu’à présent, et en « découvrant », comme Robinson Crusoé son île, ce clavier bien tempéré, comme si c’était la première fois, avec de nouveaux yeux et une nouvelle âme.

Il est donc logique que Chantal Stigliani, forcément, ait répondu à la question concernant un futur enregistrement pour compléter l’ouvrage: « Je crains, hélas, que le deuxième livre ne soit pas pour demain … Cette musique est très difficile, il y a tellement d’options d’interprétation que j’ai besoin de beaucoup de temps pour l’assimiler. Et ce n’est que lorsque j’ai examiné toutes ces différentes options qu’un choix finit par s’imposer… C’est seulement à ce moment-là que je décide d’enregistrer … « .

Johann Sebastian Bach  

Das Wohltemperierte Klavier BWV 846 – BWV 869 – Chantal Stigliani: pianoforte – Calliope (52’04 + 52’31)                   

Mi sono sempre domandato come interpreterebbe un capolavoro musicale – di quelli universalmente  conosciuti  e riconosciuti – l’abitante di una remota civiltà, perfettamente capace di decifrare una partitura e di suonare uno strumento, ma completamente all’oscuro dell’epoca e delle origini della musica in questione, e di quelli che ne fossero gli usi e costumi musicali, le prassi esecutive etc. etc. (ho anche posto la questione ad amici interpreti, musicisti e musicologi, ma non ho mai ricevuto una risposta significativa …).

Chantal Stigliani ne ha dato, in qualche modo, una con questo Clavicembalo ben temperato. La sua lettura che, al primo ascolto, mi era sembrata giusto originale, singolare, personalissima – ed in qualche modo controcorrente – nella sua logica drammatica, quasi teatrale, si rivela poi sopratutto “diversa” da tutto quel che si è ascoltato sino ad ora.

E non credo si tratti di un partito preso, di un rifiuto di tutte le sofisticate argomentazioni a sostegno di questo o quello strumento (anche l’organo ci si è messo …), pro o contro le letture “moderne” – e su strumenti moderni – che da Glenn Gould e John Lewis in poi hanno riempito il cataloghi degli editori e gli scaffali dei discofili. D’altra parte, ed anche se non si può ascoltare questo cd come l’exploit di un interprete venuto dalla lontana civiltà di cui sopra, avendo già Chantal registrato molto Bach, mi fa piacere di immaginare che esso sia il frutto della sua capacità a far il vuoto dentro di sé, dimenticando tutto ciò che è stato fatto – e detto – sino ad ora, e “scoprendo”, come Robinson Crusoé la sua isola, questo Clavicembalo ben temperato come fosse la prima volta, con occhi ed animus nuovi.

Ed è in questa logica, forse, che Chantal Stigliani ha risposto alla mia, sin troppo ovvia, domanda, relativa ad una futura registrazione per completare l’opera : “Ho ben paura, ohimè, che il Libro secondo non sia per domani … questa musica è molto difficile, e tante sono le opzioni interpretative, ed ho bisogno di molto tempo per assimilarla. Ed è soltanto quando ho esaminato tutte queste differenti opzioni che una scelta finisce per imporsi, ed è solo allora che mi decido a registrare …”

http://www.grey-panthers.it/ideas/cd-e-altre-musiche-di-aprile-di-ferruccio-nuzzo

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